2Mc éditions

Pièces pour flûte seule

 

Gérard MURAT

Deux pièces pour Flûte seule de Gérard MURAT professeur au CNR de Poitiers. Ces pièces s'inscrivent dans le créneau "déficitaire" des œuvres contemporaines, jugées soit "faciles", soit "très difficiles", proposées aux élèves de la fin du 2ème cycle, début du 3ème.

Gérard MURAT a aussi rédigé une brève analyse de ces deux pièces et les met à la disposition des professeurs intéressés.

 

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Les protagonistes de cette saynète sont Maître Ré et son fidèle faire-valoir Do#. J’ai pris plaisir à imaginer la distorsion de ces deux sons en les affublant de divers doigtés aberrants, et en les installant dans un décor propre à créer quelques illusions sonores (final de la séquence 7’’, identité plurielle des Ré dans la séquence 8’’, extrémité du calme : Noire = 60 ...)
La danse centrale revêt une forme d’écriture plus traditionnelle tout en affirmant ses propres spécificités: tempo animé, rythme bien marqué aux accents quelque peu inhabituels. Elle est en... Ré Majeur, tonalité qui de plus convient particulièrement à notre instrument. Je me suis efforcé d’écrire avec précision liaisons, accents et valeurs, tant dans les passages mesurés (calme : Noire = 60) que dans les séquences (ralenti de la séquence 7’’ ou encore de la séquence 3’’). L’exécution fait appel à quelques modes de jeu contemporains qui restent familiers et— je l’espère — suffisamment explicites. J’ai souhaité laisser une relative liberté dans la conception des séquences 9’’ (rubato) et 6’’ (alternatives). Les deux notes finales, en doigtés et en sons bien réels, réunissent une ultime fois le clown blanc et son compère, lesquels se fondent, comme dans un creuset alchimique, en un nouveau personnage qui bien vite tire sa révérence et disparait derrière le rideau.    G. Murat

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

C’est ainsi qu’Arthur RIMBAUD fait naître la délirante équipée du Bateau ivre. Evoluant d’abord dans un étrange décor baigné de mystère poétique, puis enfin libre, l’embarcation plongera avec ivresse en pleine mer, dévoilant ainsi les visions fantastiques et cahotiques qui traduisent l’extase et les hallucinations du poète. La flûte ne cherche qu’à souligner la musicalité et la force évocatrice des mots. A peine embarquée, elle cessera de dériver juste avant le déchaînement des flots ...    G. Murat